Mes 2 accouchements opposés

RÉcit de maternitÉ | cÉcile

ARTICLE n°3

J’ai eu le plaisir d’écouter le récit de maternité de Cécile. Elle est maman de 2 petites filles et nous raconte ces 2 accouchements qui se sont déroulés complément différemment. Dans son récit, Cécile nous prouve qu’il est important d’écouter son corps et son intuition. 

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À l'approche du premier accouchement

Elle était prévue pour le 24 mars mais j’ai toujours été persuadée que j’allais accoucher le 17 mars. J’en étais sûre. Mais mon chéri avait un concours de 6h sur table le 17 mars. Ce jour là c’était la panique mais j’avais une copine qui était prête à me rejoindre si j’avais besoin. Finalement le 17 au soir, aucun signe pour accoucher, on est sortis se balader avec des copains. Je n’ai pas dormi de la nuit car j’étais persuadée que ça allait arriver, mais aucun signe.

C’est le 18 au matin que j’ai eu mes premières contractions. Vers 9h30 j’avais déjà beaucoup de douleurs mais j’ai eu le temps de prendre une douche. Arrivés à la maternité on s’aperçoit qu’elle est surchargée. On était dans la salle d’attente et ils ne s’occupaient pas de nous. On a attendu plus d’une heure et je souffrais… Une professionnelle est venue m’examiner et m’a annoncé que j’allais accoucher.

 

On était seuls, personne ne venait nous voir

J’ai commencé à être déconnectée de la réalité et mon conjoint a pris le relais auprès de l’équipe médicale. J’ai été installée dans une salle de travail avec un monitoring… et je n’ai plus jamais vu quelqu’un. Et c’était dur, j’ai cru que j’allais mourir. Je ne voulais pas de péridurale et heureusement que c’était mon projet à la base car je l’aurais certainement très mal vécu sinon. J’avais que 20 secondes pour souffler entre les contractions, j’étais à quatre pattes et agrippée pour essayer de me soulager. 

 

J’ai entendu un « boum », et j’ai eu l’impression que c’était un os qui s’était cassé, mais c’est quand j’ai perdu les eaux. Ça a fait un bruit terrible, et ça m’a fait encore plus mal. Je ne savais pas que les contractions sont encore plus fortes après. 

 

On était seuls et nous avons eu un moment de panique en voyant la couleur du liquide. La couleur teintée prouvait qu’Agathe avait fait son caca dans le liquide amniotique. 

 

D’un coup j’ai eu 10 personnes autour de moi, c’était la panique. J’ai poussé tellement fort pendant 35 minutes que j’ai eu des vaisseaux éclatés sur le visage. Il restait 5 minutes avant d’appeler l’obstétricien… J’ai tout donné avec les ressources intérieures qu’il me restait. 

 

À la suite tout a continué d’aller très vite, ils ont emmené immédiatement Agathe faire les soins et vérifier son état vu qu’elle faisait 2,9kg. J’ai accouché à 13h30, et je pense que j’ai retrouvé Agathe vers 15h30/16h pour faire le premier peau à peau. Je n’ai pas forcément de souvenirs de ces heures sans Agathe, j’étais dans un état second mais ça reste quand même un peu traumatisant.

 

Les premiers moments avec ma fille

C’était fou ! Quand ils me l’ont posée sur le ventre, elle a trouvé son chemin, et a tété de suite. 

L’équipe médicale venait me voir à toutes heures du jour et de la nuit. Par exemple, il y a une nuit à 2h du matin, ils sont venus faire le test d’audition à Agathe. Donc toi, tu galères avec ton bébé qui pleure, qui ne dort pas, et quand enfin tu commences à te reposer, quelqu’un rentre en allumant la lumière et fait les soins…

 

En ce qui concerne la montée de lait, je l’ai eue au bout de 3 jours et je me souviens d’une réflexion d’une auxiliaire de puériculture qui avait dit : “ vous galerez sans lait et la maman d’à côté elle a très mal car elle a trop de lait”. Tu viens d’accoucher, et tu n’as pas l’aplomb pour répondre. 

 

On avait hâte de rentrer chez nous et c’était plus serein avec la sage-femme qui venait à domicile. Elle m’a dit de me faire confiance et que ça allait bien se passer. Et tout s’est bien passé. 

 

J’adorais avoir mon bébé tout le temps collé à moi. L’allaitement, c’est la bonne excuse pour ne pas le passer à tout le monde. J’avais hâte qu’elle naisse, j’avais hâte de la rencontrer, et qu’elle rencontre son papa, mais je n’avais pas hâte de la partager avec le monde. C’était mon bébé.

 

Je suis persuadée que si j’ai accouché comme ça, c’est parce que je me suis retenue le 17 mars, que ça l’a stressée, et qu’elle est sortie en trombe le 18 en faisant caca dans son liquide… J’en suis intimement convaincue. C’est un bébé qui pleure plus que sa sœur qui a eu un accouchement plus doux. Aujourd’hui, on en parle, Agathe a 7 ans et demi, et elle me dit : « mais moi, j’étais trop pressée de sortir, maman ».

 

Une seconde grossesse qui a dépassé le terme

Agathe avait 6 ans quand Valentine, sa petite sœur est née, elle a bien profité de toute la grossesse. Entre temps, nous avons quitté Paris pour nous installer à La Rochelle.

J’avais un peu peur de l’accouchement, car on m’avait dit que le deuxième était plus rapide que le premier. J‘avais peur d’accoucher toute seule, sachant que Mathieu travaille à Saintes (à 1h de la maison) et n’avait pas forcément le droit de faire du télétravail même à la fin de la grossesse. 

 

Valentine était prévue pour le 29 mai, et je m’étais dit que 15 jours avant j’aurais accouché. Donc à partir du 15 mai, j’attendais, j’attendais, j’attendais… 29 mai, jour du terme, je vais faire ma visite à la maternité. Col un peu ouvert mais rien de spécial. J’y retourne 2 jours après, à 9 heures après avoir déposé Agathe à l’école, et Mathieu était à la maison. J’avais peur d’accoucher seule, mais en fait, elle ne voulait pas sortir. Je fais mon échographie, et la sage-femme me dit que tout est OK et qu’on attendait encore 2 jours… 

 

J’ai regardé la sage-femme, et je lui ai dit que ma fille était à l’école, et mon mari à la maison, que je ne sentais aucune contraction… Elle a compris mon désespoir et m’a proposé un déclenchement que j’ai accepté. 

 

Un déclenchement diabolisé mais doux

Le déclenchement, c’était quelque chose qui était diabolisé autour de moi avec des proches qui l’avaient très mal vécu mais j’avais envie qu’elle naisse. Elle devait naître en mai, on était le 31, et je n’avais pas envie qu’elle naisse en juin. C’est bête, pourtant.

Ça a été tout le contraire de mon premier accouchement à Paris. On a eu le temps de faire notre admission et de s’installer en chambre tranquillement. Ils m’ont expliqué comment ça allait se passer, avec une injection d’ocytocine de synthèse de façon progressive. Il était 10 heures, mais que si à 12/13 heures il ne se passait rien, ils rompraient la poche des eaux. C’était une ambiance très paisible. Une sage-femme m’avait mis un monitoring sans fil, donc je pouvais bouger dans la chambre. Mathieu m’avait acheté des magazines, on regardait des séries… on a passé une journée hyper cool. À midi, il ne s’était rien passé, donc ils m’ont rompu la poche des eaux, et j’ai commencé à avoir des contractions, mais qui étaient gérables.

Et vers 15/16 heures, il y a une sage-femme qui est venue en disant qu’elle trouvait étrange que le travail n’avance pas trop. Et elle s’est rendue compte que l’ocytocine était bouchée, et que je n’en recevais pas. Elle a débouché le tuyau et j’ai reçu la dose entière d’un coup. C’était horrible… j’ai revécu mon premier accouchement, mais j’étais quand même dans de meilleures conditions. 

Je voulais retenter un accouchement sans péridurale mais à un moment je l’ai demandé. On n’est pas dans Hunger Games, donc je n’avais pas envie de souffrir par plaisir de dire que je l’avais fait. J’avais très peur de la piqûre de la péridurale. C’est pour ça qu’au départ je ne la souhaitais pas. L’anesthésiste était très bien, et la sage-femme trop mignonne à me prendre dans ses bras et me faisait des caresses sur la main pour me rassurer.

Avec une péridurale bien dosée je ressentais les sensations mais pas la douleur. En fin d’après-midi j’ai su que c’était le moment de donner naissance à ma fille. Ce qui est chouette à La Rochelle c’est que les sage-femmes ne font pas d’examens intrusifs en permanence. 

À la contraction suivante, j’ai poussé, et elle est directement sortie. On aurait dit un bébé né par césarienne, avec le visage tout rond, tout rose, qui n’a pas souffert. La sage-femme me l’a mise en peau à peau de suite, et j’ai demandé à voir le placenta, car ça m’intéressait. Elles étaient trop contentes de me le montrer, et de m’expliquer comment il était fait. Puis après, je les ai vu faire les soins à Valentine, avec Mathieu à côté, dans la même pièce, ce que j’ai trouvé très chouette. Surtout de ne pas perdre le contact visuel en fait. Après, ils nous ont laissé tranquilles pendant 2 heures.

Le séjour à l’hôpital était top. Après 21 heures, il n’y a plus personne qui vient te voir, sauf si tu appelles, et pareil avant 8 heures du matin. Tu peux vraiment te reposer, c’est trop bien.

Au final, le déclenchement peut être aussi un bel accouchement. Ce n’est pas parce que c’est médicalisé et artificiel que ce n’est pas bien… J’ai passé le meilleur accouchement que je pouvais imaginer pour Valentine.

Ma théorie pour ce deuxième accouchement est que j’ai tellement eu peur d’accoucher toute seule que je l’ai gardé et que j’ai du coup dépassé le terme. 

 


Si tu devais dire quelque chose à la Cécile d’il y a 15 ans, que serait-il ? 

Je n’ai pas souvenir de me projeter à devenir maman, mais ça à toujours été logique d’être maman. Je ne me suis jamais posé de questions, j’ai toujours trouvé ça facile. Je lui dirai de se faire confiance et de faire les bons choix. Et surtout de bien s’entourer. 

 

Si tu dois me résumer ton récit de maternité en 2 mots, que me dirais-tu ? 

Intuition et psychologique. La grossesse, ce n’est pas juste du médical, il y a plein de choses qui se passent à l’intérieur de toi, et qu’il faut respecter. Je pense qu’il faut écouter son instinct et son corps.


 

Et si toi aussi tu souhaites me raconter ton histoire, n’hésitez pas à me contacter par mail. 

 

 

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